Dirigeants, soyons forts, la montagne est haute mais nous y arriverons !

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A presque 50 ans, je vais vivre ma 5ème crise économique, mais pas deux ne se ressemblent. Ma carrière a démarré par la Guerre du Golfe en 1990, même si l’impact a été globalement limité sur le PIB français, donc je n’avais pas de point de comparaison. Je ne peux pas dire que je m’en suis vraiment rendu compte, par contre j’ai vu mes collègues tomber comme des mouches, ils n’arrivaient pas à s’adapter. 


En 1993, la sortie du système monétaire européen de l’Angleterre et de l’Italie, et les dévaluations de leurs monnaies, ont eu un impact violent sur le PIB Français, avec une baisse de -0,6%. Cette année là, je lançais un portefeuille à Quimper pour Precom, la régie publicitaire de Ouest-France. Je ne l’ai pas vécu trop difficilement, n’ayant encore une fois aucun point de comparaison.

En 2000, c’est l’explosion de la bulle Internet, elle touche plutôt les nouveaux marchés et a un effet limité sur le PIB Français, qui reste en croissance l’année suivante (+2%)

La dernière crise, celle de 2008, était venue des Etats Unis avec les Subprimes, avec une déflagration énorme en octobre et surtout une chute du PIB à -2,9% sur 2009.
Je l’ai vécue en direct, j’étais alors salarié et membre du Codir de Precom. Voir des marchés en fortes croissances passer à des -30%, -40%… Une période qui m’a particulièrement marquée personnellement, où il a fallu apprendre à prendre du recul pour se préserver psychologiquement.

Celle qui nous arrive, la « Covid-19 » vient de Chine, mais est totalement inédite et dramatique. D’abord, elle est sanitaire et enlève la vie à bien trop de personnes, et le bilan est loin d’être terminé… Mais elle va se transformer inévitablement en nouvelle crise économique. 
À ce jour, 1 milliard d’habitants sont confinés chez eux, pour au moins 45 jours.

Un coup d’arrêt immédiat de certaines activités et un fort ralentissement pour les autres.

En France, le gouvernement a revu immédiatement ses prévisions de +1,3% à une estimation de -1% (pour le moment). Nous devons nous attendre à rentrer dans une période très compliquée.


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Un nouveau défi pour les dirigeants, un nouveau défi aussi pour les équipes, car il faut que tout le monde comprenne que les choses ne seront pas comme il y a encore quelques jours, avant le confinement. De chacune de ces épreuves, on ne sort jamais pareil. 

Les entreprises qui étaient fragiles avant risquent malheureusement de ne pas passer l’épreuve.

C’est une nouvelle étape cruciale pour toutes les entreprises, une étape où le dirigeant doit montrer à l’équipage qu’il y a un capitaine à bord. 

Un capitaine dans l’anticipation, un capitaine qui sait que le bateau va tanguer mais qui va tenir bon la barre pour garder le cap et amener son équipe à bon port après la tempête. Il doit être valeur d’exemple, garder le moral, savoir rapidement prendre les bonnes décisions, parfois même des décisions difficiles, mais il doit assurer la pérennité de l’entreprise et préserver le maximum d’emplois. 

Cette nouvelle épreuve bouleverse radicalement l’ensemble des plans d’actions prévus, c’est le moment de faire preuve d’agilité et de réactivité dans son champ d’expertise. Le dirigeant doit enfiler son costume de Superman pour s’attaquer à tous ces nouveaux défis, et donner l’impulsion à ses managers. J’ai identifié cinq chantiers prioritaires. 

Scène de bureau

La trésorerie

La tréso, la tréso, la tréso, c’est le premier défi pour toutes les entreprises, quelles que soient leur taille et leur solidité financière. Il faut actionner tous les dispositifs possibles selon la situation de l’entreprise :

  • Emprunt : si l’entreprise n’est pas trop endettée, enclencher un prêt pour financer des investissements, si c’était prévu en fonds propre. La BPI peut garantir jusqu’à 90% de la somme.
  • Négocier avec sa banque une ligne « autorisation de débit » de 1 à 3 mois de CA.
  • Demander le report des prêts bancaires pendant 3 à 6 mois.
  • Demander le décalage des prélèvements URSSAF et fiscaux.
  • Voir les mesures pour suspendre les loyers des locaux entre 3 et 6 mois, si l’entreprise rentre dans les critères.
  • Anticiper la défaillance client, c’est souvent le deuxième effet Kiss-Cool, et le plus dangereux.
  • En revanche, ne pas décaler les paiements de vos fournisseurs, car l’État annonce qu’il sera extrêmement vigilant sur ce point pour éviter l’effet domino.

Le service client

C’est dans ces moments-là que l’on voit la qualité des relations avec ses partenaires. Il est crucial d’être réactif, à l’écoute et disponible pour adapter la stratégie selon le nouvel environnement. Les clients vont être inquiets, les questions vont se multiplier, c’est normal dans ces périodes. Il faut prendre le temps d’écouter, de comprendre et de donner les clés de compréhension.

Plus que jamais, il faut être service client et plus que jamais, il va falloir se concentrer sur les performances et sur les Quick Win (ce qui est rapide à mettre en œuvre et qui rapportera le plus).

Plusieurs personnes réunies autour d'une table, avec un café et des cahiers

Optimisation du temps des équipes

Toutes les entreprises vont être impactées, quelle que soit leur activité. Certaines comme le tourisme, l’hôtellerie ou la restauration, sont les premières impactées, mais tous les secteurs le seront en cascade. 

L’enjeu du dirigeant va être d’adapter et d’optimiser le temps de ses équipes dans ces périodes particulières. Voici un récapitulatif que beaucoup d’entreprises vont suivre :

  • Identifier la charge de travail des équipes à date et dans les semaines à venir.
  • Voir pour poser les congés 2018/2019 et les RTT générés depuis janvier. 
  • Passer à 35h pendant la période (si l’entreprise est au dessus).
  • Repousser les embauches en cours d’un mois ou de deux mois (voire les annuler, pour certaines)
  • Certaines entreprises vont interrompre les périodes d’essai en cours.
  • Déposer un dossier à la Direccte pour du chômage partiel ou technique. Selon les conventions collectives, le manque à gagner pour le salarié est variable, le maximum étant de 17% sur le salaire net.
  • D’autres devront malheureusement ajuster leurs effectifs pour faire face.

Se projeter vers le futur

Dans ces périodes, il est aussi important de se projeter vers le futur. C’est la difficulté du dirigeant : gérer l’urgence et l’hyper-urgence, l’immédiateté, et malgré tout se projeter vers demain. C’est ce qui va permettre d’être en ordre de marche à la sortie, de rebondir plus vite, et qui va donner des perspectives aux équipes. 

Les stratégies définies pour l’année vont être remises en cause, les moyens vont changer. Mais ces périodes sont aussi l’occasion de prendre le temps de faire tout ce qui n’a pas été fait et qui était toujours repoussé. Une opportunité pour se remettre à jour et penser au futur, aux attentes des clients, repenser ses offres, innover. 

Les premières semaines sont déstabilisantes, nous avons tous pris un coup sur la tête, il a fallu basculer immédiatement en mode « gestion de l’urgence ». Mais au fil des jours, chacun va trouver ses marques, de nouvelles marques, et va avoir un peu de temps pour se poser sur ces sujets de fond. Des sujets importants, qui seront les atouts de demain et les accélérateurs de la reprise.

Dans cette période, le dirigeant doit une nouvelle fois démontrer sa capacité à rebondir, démontrer sa résilience. Repartir de l’avant, malgré les difficultés sanitaires, économiques, voire humaines, c’est ce qu’il a toujours fait en entreprenant, c’est ce qu’il refera demain, car il est fait comme ça. C’est ce qui le fait avancer au quotidien. Il est bâtisseur. 

Nous les patrons sommes habitués à vivre quotidiennement avec l’ascenseur émotionnel, cette fois ci, l’ascenseur est très très haut. Soyons tous forts, solidaires, gardons le moral. Ce qui ne tue pas rend plus fort 😊

#soyonsprudents #restonscheznous #sauvonsdesvies

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Article écrit par

Olivier Méril

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