Pourquoi j’ai quitté Twitter et je suis sur Linkedin ?

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Mon utilisation des réseaux sociaux a évolué. Aujourd’hui, je n’utilise plus Twitter et favorise les échanges constructifs que je peux avoir sur LinkedIn. 

La découverte d’Internet

En 2005, ma carrière prend une nouvelle orientation par l’opportunité de créer la régie Internet du groupe Ouest-France. Belle opportunité professionnelle, magnifique opportunité de vivre une aventure exceptionnelle, mais aussi, de découvrir véritablement Internet.

Jusqu’à présent j’étais un internaute « de base » mais la création de cette activité m’a fait découvrir le web de façon plus profonde et plus complète. Rapidement passionné par ce nouveau monde, par les nouvelles opportunités qu’il offre, ce nouveau monde de pensée, l’impact sur chacun d’entre nous, sur nos fonctionnements personnels, sur les modèles économiques des entreprises, sur notre façon de vivre tout simplement.

Est-ce bien ou pas, pour moi ce n’est pas le sujet, c’est le sens de l’histoire : à nous de nous approprier Internet le mieux possible, d’abord pour nous adapter à cette nouvelle vie qui se présente mais d’en ajuster l’usage aussi à la vie que nous voulons avoir.

Ce qu’Internet m’apporte a titre personnel

À titre personnel, Internet c’est la facilitation. L’accès à l’information au plus grand nombre, aux partages entre chacun, aux réponses à toutes les questions que nous nous posons. 

Moi qui ne suis pas allé longtemps à l’école, internet m’offre deux choses :

  • Un nouveau départ, car il redistribue les cartes et donc je repars sur la même ligne que tout le monde.
  • Une opportunité d’apprendre en permanence, de développer l’auto-apprentissage, l’apprendre à apprendre qui me semble être un peu plus développé chez les autodidactes.

Cette opportunité, je l’ai saisie à plein bras, d’abord par le poste de Directeur Général que l’on m’a proposé pour créer la régie Internet du groupe et qui m’a permis 5 ans après de créer MV Group  en rachetant Mediaveille et vivre la formidable aventure que je vis depuis avec mes équipes.

Pour autant j’ai beau être le patron d’un groupe de 300 personnes dans le marketing digital, je ne me qualifie pas de « Geek » loin de là d’ailleurs. Oui je suis connecté et heureusement pour mon job, mais pas « hyper-connecté ». J’aime comprendre les nouveaux usages et bénéfices que l’on peut en tirer et les retranscrire aux entreprises pour accélérer leur développement. 

Oui j’ai eu une montre connectée mais je l’ai gardé un mois : au final avoir une alerte sur mon poignet à chaque fois que je reçois l’un des mes 150 mails quotidien, non merci ! Oui j’ai eu une Google Home, mais juste 15 jours, j’éprouve le besoin de faire moi-même des choses, rester dans le canapé a dicter des demandes a une enceinte me fait pas rêver.

J’aime bien creuser les sujets, regarder et comprendre quels usages on peut en avoir et anticiper les changements futurs, mais pour autant, je ne me sens pas otage d’en être systématiquement un utilisateur. La richesse d’internet est justement que chacun puisse en avoir son usage personnel, pas un fonctionnement uniformisé et collectif. Personnellement, j’entends bien maitriser mon temps, maîtriser ma vie.

Ce que je n’aime pas avec Internet

J’aime bien internet, mais comme chaque outil ou nouvelles solutions, il y a des dérives que je n’aime pas ou même que je déteste, et y compris sur Internet.

Pour moi, deux choses sont insupportables :

  1. Les « Nouveaux esclaves des temps modernes » que Internet a créés.  Les Uber, Délivroo, etc. qui mettent à mal nos systèmes sociaux et donnent si peu de considérations aux employés : attendre des heures dehors avec son vélo en ville que le portable sonne, pour faire une course contre la montre pour quelques euros, je ne vois pas bien le progrès ! (si du confort pour le consommateur ou de l’actionnaire mais pas pour celui qui se tape le boulot). Pour moi, tout modèle doit être équilibré pour tout le monde si on veut qu’il soit pérenne (ce sujet sera l’objet d’un futur billet).
  2. La déferlante de haine sur les réseaux sociaux. C’est ce point que je vais détailler dans ce billet.

Bien sûr, je suis dessus comme beaucoup de monde, et certainement plus que d’autres. J’en ai des usages bien différents de l’un à l’autre et qui sont au final le reflet de ma personnalité. Je n’entends pas me faire dicter mon fonctionnement par tel ou usage ou telle façon de penser. Je le fais en étant aligné avec moi-même (ce qui est déjà pas mal 😊).

Personne utilisant les réseaux sociaux

Mon utilisation des réseaux sociaux

J’ai eu l’occasion d’en essayer beaucoup : Facebook, Instagram, Linkedin, Twitter et des plus exotiques ou moins adaptés à mon âge

Facebook

C’est pour m’amuser, déconner ne pas me prendre au sérieux et partager les moments de vie que j’ai envie de partager (j’insiste sur ce point car le piège pour certain est de penser que ce qu’ils voient sur les réseaux sociaux est le résumé de la vie de l’autre). Personnellement, je mets bien ce que je veux, quand le veux et quand j’en ai envie, ce qui peut donner un regard biaisé sur ma vraie vie (ah, un peu de mystère).

J’adore les commentaires entre potes, se charrier, s’amuser, ça donne l’occasion de garder contact avec des gens que l’on ne voit pas pour des raisons de distances ou que l’on ne voit plus car la vie nous offert d’autres chemins, mais on garde le contact. Par contre, je déteste les commentaires sur les sujets d’actualités ou des partages haineux (c’est vrai que de temps en temps, je fais des partages « coups de gueule » mais je fais en sorte d’argumenter). Ce défouloir est impressionnant et décevant quand il intervient par des personnes que l’on pensait connaître. Mais l’avantage, si on n’est plus du tout en phase, on fait comme dans la vraie vie, on ne les voit plus, donc là on peut facilement faire le tri quand c’est nécessaire.

Instagram

J’y suis assez peu pourtant j’aime bien les photos, en prendre et les regarder. Je n’ai juste pas le reflexe car mes photos sont très occasionnelles, on va dire à chaque vacance. Globalement, j’aime bien l’environnement, les gens y sont cools, plutôt bienveillants et partagent de beaux moments de vie.

Linkedin

C’est mon « chouchou ». Le lieu d’échanges que j’adore, qui me fait grandir et qui m’enrichit au quotidien par la diversité des personnalités que je découvre et que j’admire. Personnellement, je passe un peu de temps quotidiennement (pas autant que certains imagine) et j’anime mon compte tout seul comme un grand. 😊

Au fil des ans, j’ai pris plaisir à poser mes réflexions par écrit et à les partager au réseau. Je me suis découvert le plaisir d’écrire (moi qui n’aimais pas ça à l’école), j’ai appris à faire moi-même mes vidéos (oui je sais ça se voit), mais surtout le plaisir d’échanger et de lire les commentaires et enrichissements. Ce réseau m’a permis de multiplier les rencontres en passant du virtuel au réel, de faire de vraies rencontres, des recrutements, voire des projets de croissance externes. 

J’apprécie surtout cet environnement posé, ou l’on peut échanger sans toujours être d’accord, mais c’est du débat constructif. Depuis 10 ans, je n’ai pas souvenir d’avoir échangé avec une seule personne « tordue ». Vous savez celle qui est haineuse, qui crache son venin gratuitement sans argument.

L’avantage avec Linkedin, c’est qu’il est bien compliqué de faire un faux compte (un beau compte) et qui ne sera pas anonyme. Il faut assumer ses opinions, ses prises de paroles, ça pousse mécaniquement à la réflexion. Et puis en dernier recours, on peut l’enlever des ses relations.

Twitter

Quant à Twitter, comme beaucoup, j’y suis allé, j’y ai passé du temps, j’ai twitté et retwitté , mais j’ai fini par le quitter.  

Téléphone avec écran Twitter

Et pourquoi j’ai quitté Twitter ? 

Et pourtant on a fait des Live Tweet. Vous savez, ces moments où tout le monde se prend pour un correspondant de la CNN et qui finalement n’a pas même l’impact d’un correspondant local de la PQR ! À faire ces Live Tweet, on ne profitait même pas de l’instant présent, tellement on avait les yeux rivés sur notre mobile pour faire le concours du nombre de Tweets à la minute. Tout ça pour avoir trois tweets et deux retweets, super…  

Mais entre temps, c’est devenu un déluge de haine permanent. Ce n’est pas ce que j’ai envie de lire quand je suis dans mon canapé ou que j’ai du temps libre. Je cherche plutôt à être apaisé et heureux. Quelle importance donner à ces donneurs de leçons et moralisateurs qui sont dans leur canapé et qui n’ont rien fait de leur vie ?

Les commentateurs de la vie des autres, je les invite à s’occuper de la leur avant. Aujourd’hui, on y trouve qui dans les grandes masses ? Des journalistes, des politiques, des extrémistes, des personnalités du show biz, des geeks, et certainement des gens très bien aussi, mais pour moi pas les « vrais français » de la « vraie vie ».  Ce sont pour beaucoup des empêcheurs d’avancer (je n’y ai jamais été confronté personnellement mais quand je vois comment tant d’initiative sont cassées, je préfère ne pas y accorder d’importance).

Pour l’entreprise, nous avons eu l’occasion de faire des prestations de veilles sur des sujets sensibles. Quand vous découvrez que plus de 80 % des comptes sont de faux comptes animés par quelques-uns, quel crédit accorder aux informations qui circulent sur ce réseau social ?

Quand on voit l’image que dégagent les politiques avec leurs tweets niveau cours d’école, et l’usage qu’en fait Trump , quel bel exemple a suivre !

Les 6 points qui me gênent le plus avec Twitter 

Mais ce qui me gêne le plus, ce sont les points suivants :

  1. La haine permanente 
  2. Le goût développé pour la polémique
  3. La fiabilité des informations qui y circulent
  4. Les faux comptes et l’anonymat derrière les pseudos, qui montrent le courage des auteurs
  5. Les limites du nombre de caractères qui poussent à d’extrêmes raccourcis (j’aime pouvoir poser mes pensée, mêmes si je sais que mes billets sont un peu longs)
  6. L’instantanéité qui accentue tous les travers des auteurs et l’esprit d’analyse (on a l’impressions que certains vivent avec Twitter ouvert en permanence, prêts à dégainer ou a cracher leur venin).

Ce dernier point est le plus grand travers et un point global qui concerne tous les réseaux sociaux. 

On pense, alors on écrit ce qui nous passe par la tête. Il manque juste une étape : réfléchir, prendre un peu de recul, de hauteur.

 

J’échangeais récemment avec l’ancien rédacteur en chef de Ouest-France sur ce sujet et ces travers. J’ai beaucoup aimé son analyse que je vous partage.

Hier avant Internet quand un citoyen n’était pas content, il prenait son crayon, une feuille, écrivait, se trompait, recommençait et signait sa lettre. Il prenait une enveloppe, achetait son timbre at allait la poster à destination du journal pour être publié dans le courrier des lecteurs. Il avant le temps de se poser, de réfléchir, de mesurer ses propos, d’argumenter. Tout cela était un effort particulier, il fallait être particulièrement motivé, ou remonté. Aujourd’hui, il prend son mobile et écrit immédiatement ce que son cerveau de l’urgence ou ses émotions lui dictent. Plus de discernement, plus le temps d’analyses, plus d’argument, juste un défouloir à émotion.

Cet Internet là, je ne l’aime pas. Pas du tout. Il ne correspond pas à l’image que je me fais des échanges humains, du savoir vivre ensemble que chacun d’entre nous revendique toujours. Et comme notre temps « disponible » est limité, que nous avons tous notre métier à côté, notre vie de famille, nos moments de loisirs ou de détente, j’ai préféré concentrer mon temps « Réseaux sociaux » à ceux qui me font du bien et répondent à mes objectifs personnels de vie.

C’est la raison pour laquelle j’ai préféré quitter Twitter et le laisser à ceux qui préfèrent sur « ce champ de bataille » s’auto-détruire le moral et cultiver leur ressentiment, moi je n’y ai aucun plaisir.

Mon temps disponible « réseaux sociaux », je l’ai transféré sur Linkedin

J’entends bien adapter mes usages Internet à ma personnalité et à mes aspirations de vie, et non pas adapter ma vie à telle ou telle solution, car ça fait bien d’y être.

C’est la raison pour laquelle vous ne voyez plus sur Twitter et que je préfère vous donner rendez-vous sur Linkedin pour échanger et débattre sur tous les sujets et dans cet esprit constructif que j’apprécie particulièrement.

Je profite de ce billet pour vous remercie pour la qualité de nos échanges et tous les enrichissements que vous apportez systématiquement.

Et vous, comment vivez vous les réseaux sociaux et Twitter en particulier, vous partagez mon sentiment ou vous avez un avis bien différent ?  

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Olivier Méril

La stratégie digitale est un univers passionnant à explorer et encore plus à partager. Avec mes collaborateurs, nous avons à coeur de vous communiquer notre expérience et notre savoir-faire.

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